| Les
lobi croient en de nombreuses puissances spirituelles dénommées
"Thila" destinées à protéger
les individus dans les diverses circonstances de leur vie.
Le Wathil (terme générique) est l'autel dédié
à l'ancêtre féminin du matriclan. Le wathil
principal est placé dans la grande maison du matriclan.
Ceux que l'on rencontre en brousse sont ceux dont la maison d'origine
est tombée en ruine. Le whatil peut ainsi être situé
dehors sous un arbre, dans une grotte.
La
constitution du wathil varie selon les sous-matriclans. Il peut
être une branche fourchue, fichée en terre, provenant
de l'arbre attribué au matriclan considéré.
Des statuettes représentant des femmes sont parfois déposées
auprès de l'autel. Il ne devrait y avoir qu'un seul autel
principal par matriclan, mais l'ont trouve parfois plusieurs wathil
intermédiaires, probablement un pour chaque sous-matriclan. |
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Le
rôle du wathil est important dans la vie sociale. C'est
là que doivent se régler les conflits entre les
utérins, là que doit être réparée
toute faute commise à l'encontre des règles édictées
par les ancêtres. Par exemple, si le fils d'un KAMBIRE a
une différend avec un DA, fils de Kambire, les ancêtres
communs sont soncernés et ce différend doit se régler
au wathil des KAMBIRE, car ils sont " frères ".
La paix et l'harmonie à l'intérieur du matriclan
sont les qualités requises pour sa fécondité,
elles sont indispensables à la reproduction. |
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En
tuant un utérin, on s'expose à la colère
des ancêtres qui peuvent rendre les femmes stériles.
C'est le pire des malheurs pouvant atteindre un africain et plus
particulièrement un Lobi. Si un lobi tue un utérin,
il est exclu du matriclan et ne peut ni hériter, ni même
assister aux funérailles d'un membre de son matriclan.
Le sacrifice de réparation devra obligatoirement être
fait sur l'autel principal du matriclan, le plus souvent par un
allié (maadaar) qui intervient pour le compte du
coupable. La plupart du temps, les choses "s'arrangent"
car " les flèches n'entrent pas dans le matriclan
". Chez les lobi, cela peut être considéré
comme un accident, mais celui qui a tué un utérin
ne peut pas jouir, pour ce meurtre, de l'honneur réservé
aux guerriers.
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C'est
sur l'autel du matriclan des acquéreurs qu'étaient
effectués les rituels d'intégration des captifs,
achetés ou pris au cours des combats. On faisait le sacrifice
sur l'autel du matriclan concerné et on leur rasait la
tête.
A partir de ce moment, ils devenaient " enfants " de
ce wathil et étaient assimilés ainsi aux utérins.
Le meurtre d'un captif méritait des lors les mêmes
châtiments et demandait les mêmes réparations
que le meurtre d'un lobi de souche.
En l'absence ou empêchement d'un wathildaar (prêtre
du wathil) ou de ses assistants, un captif intégré,
initié aux coutumes du matriclan peut les suppléer
puisqu'il a été acheté avec l'argent du wathil,
héritage des ancêtres du matriclan. |
| Le
lobi consulte le wathil en toute circonstance concernant la descendance
de l'ancêtre du matrilignage en sacrifiant un poulet, mais
la chair de ce dernier ne peut être consommée que
par les membres du matriclan concerné. Les alliés
du matriclan ne peuvent ni en manger, ni boire de la bière
de mil offerte à cette occasion.
Le culte du Wathil, comme tout autre culte, est transmis de père
en fils, même si le fils n'est pas forcément du même
matriclan que le père. |
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| Le
père du nouveau wathil, nommé Natha par exemple,
procède aux sacrifices. D'abord celui d'un mouton, puis
d'un buf et de très nombreux poulets ( plusieurs
centaines), puis il mélange un peu de bière avec
de la farine de mil dans un petit pot à sauce et verse
le contenu sur Natha dont l'autel, construit en terre et placé
devant la maison évoque une forme humaine.
Le plus âgé du matriclan est généralement
wathildaar, c'est à dire prêtre du wathil et responsable
du matriclan.
Dans les cérémonies, il s'adresse au wathil et prend
la bière sacrée, ses assistants en boivent aussi,
mais s'il en reste c'est lui qui doit la terminer. Le fils du
prêtre, puisque né d'un homme du matriclan, peut
lui aussi boire la bière sacrée et assister son
père dans les cérémonies. Le plus souvent
cependant, cette fonction est dévolue à un neveu
utérin du prêtre ou à défaut à
un membre du matriclan, parmi les plus âgés.
Le wathildaar est chargé de la fabrication du "médicament"
du matriclan. Chaque wathildaar désigne lui-même
son remplaçant. Ce dernier est ensuite intronisé
au cours de coûteuses cérémonies magico-religieuses
nécessitant parfois le sacrifice d'un buf, de volailles
par milliers, de nombreux animaux domestiques moutons, chiens,
cabris
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Les
sacrificateurs après avoir appliqué sur les ailes
de leur nez et autour de leur bouche le médicament du wathil,
placent dans leur bouche des piquants de porcs-épics et
les soufflent avec forces sur les paniers de volailles. Les piquants,
ainsi expulsés, traversent les corbeilles comme des flèches
et tuent les volailles : un piquant par animal.
Dans
le matriclan Palé, par exemple, le buf est introduit
dans le GBALA (salle commune) puis terrassé et
attaché, les quatre pattes en l'air. Le futur wathildaar
monte alors à califourchon sur l'abdomen de l'animal
et tape sur la poitrine de celui-ci avec une clochette sacrée,
tandis que les maîtres de cérémonies s'adressent
au wathil. Le buf expire, sans qu'on l'ait tué.
On met toute la volaille, poules, pintades
dans des corbeilles
en face des officiants ;
Il existe d'autres autels dédiés à la protection
de la famille, des chasseurs, ainsi qu'aux soins des enfants
malades et orphelins.
Textes de Madeleine
PERE, Docteur
ès lettres et sciences humaines
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Cheminement
d'un artiste moderne, Ali NIKIEMA
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Ali NIKIEMA est devenu sculpteur/bronzier par tradition familiale.
Ses grands-parents étaient déja bronziers bijoutiers.
Son père perpetua cette tradition en ajoutant aux bijoux
la confection de marmites en aluminium. C'est à Gnocsin (Ouagadougou),
de 1966 à 1970, au sein de l'atelier familial de Sibiri Madi
DERME, son oncle, que le jeune Ali Nikiéma apprend son futur
métier. En 1971, son maître le fait entrer comme stagiaire
en Centre National d'Artisanat d'Art (CNAA) de Ouagadougou . Sibiri
Madi DERME y est alors formateur. Dès 1976, au terme de sa
formation, il vole de ses propres ailes et est autorisé à
créer des uvres originales, à les exposer et
à les commercialiser. Devenu à son tour formateur,
il est aujourd'hui chargé, au CNAA, de transmettre son savoir
aux jeunes apprentis qui rêvent eux aussi de devenir maîtres
bronziers.
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Toujours
en quête de perfectionnement, Ali Nikiéma effectue
deux stages en Italie, l'un en 1983 à l' atelier "Massimo"
pour la fonderie d'art et l'autre en 1986 à l'atelier "Melier
Palla" pour la sculpture sur marbre.
Ce spécialiste du bronze utilise la technique traditionnelle
de la fonte à la cire perdue (voir site: www.culture.gov.bf
, rubrique "magazine")
Il commercialise certaines de ses oeuvres au CNAA (salle Gal'Yan),
expose dans des galeries d'art moderne, répond à des
commandes particulières ou d'Etat. |
Ali Nikiéma a participé à de nombreuses expositions
dans le monde entier:
- 1984, il prend part à l'exposition "Village du bout
du monde" à Macon (France)
- 1985, il participe à l'exposition "Carrefour du développement"
à Paris (France)
- 1988, il est présent à une exposition au Centre
culturel américain de Ouagadougou
- 1993, il expose successivement à Paris, au Québec
et à Copenhague
- 1984, il remporte le 1er prix du concours de l'exposition itinérante
organisée à Ouaga par l'Agence de Coopération
Culturelle et Technique (ACCT)
- 1988, il obtient pour la troisième fois le 1er prix du
G.P.N.A. L (Grand Prix National des Arts et des Lettres) à
la SNC Koudougou-Réo 88
Depuis 1988 il expose aux éditions successives du Salon International
de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO)
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Ali
Nikiéma a ainsi été sacré "Artiste
du peuple". On lui doit de nombreux monuments publics:
- le monument de la "Bataille du rail" (en collaboration
avec trois autres artistes)
- le monument de la jeunesse à Ouahigouya
- une sculpture au parc de Skoulurd (Danemark)
- une sculpture à Ballaruc des Bains (France)
Il participe aussi à de nombreux symposium tel que celui
de sculpture sur glace et neige de Luléa (Suède) et
celui de sculpture à Lomé (Togo) et bien entendu celui
de Laongo au Burkina Faso.
Innovateur technique, il a participé à la mise au
point et à l'introduction au Burkina Faso d'un four à
gaz pour la fonderie, plus fonctionnel, mais surtout plus économique
et plus écologique.
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