LA STATUAIRE MOAGA : Présentation

La société moaga est née de la fusion entre le peuple conquérant (venu du Nord-Ghana) et les populations autochtones. Cette diversité des origines ethniques se retrouve dans la pluralité stylistique de la statuaire moaga.

La statue est un instrument cultuel et politique essentiel chez les moosé puisqu'elle est utilisée par les"Nakomsé" ,chefs politiques, pour affirmer leur autorité alors que les "Tengasibi", prêtres de la terre,utilisent les masques.

La statuaire moaga comprend plusieurs types de sculpture:

Les statues de chefs mossi

Les poteaux sculptés

Les biga

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les statues de chefs mossi

Le rôle de ces statues est d'affirmer l'autorité du chef. Selon Christopher Roy (Professeur à l'Université d'IOWA aux Etats Unis d'Amérique)" Tout Nakomsé important commande une sculpture qui sert de symbole à sa fonction quand il est vivant et de mémorial de son règne quand il est mort ".
Certaines statues sont sculptées à l'occasion des funérailles d'un chef et sont enterrées après la cérémonie, d'autres servent d'autels et reçoivent
des sacrifices annuels.

H=22 cm Musée National BF, inv R89-5-76, Statue biface portée en procession lors des funérailles dans le bazéga en pa

hauteur:68cm , Musée National BF, inv: R89-5-145 Femme coquette représentant une effigie d'ancêtre

Lors d'un festival annuel appelé "naposum" ou "umbila", ces statues sont montrées au public. Elles symbolisent alors la présence et la participation des ancêtres aux cérémonies.

Sculptées à la demande des chefs successifs, ces statues, peu nombreuses, montrent une grande diversité de formes.
Les représentations féminines sont les plus fréquentes et témoignent de l'attachement des mossi à la princesse légendaire Yennenga, fondatrice du royaume moaga.
Ainsi la fille aînée du chef entretient toujours une relation particulière avec cette statuaire dont la garde lui est confiée.
 
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Les poteaux sculptés
Le poteau autel

Il se trouve au centre de la cour royale et appartient au chef. Il reçoit les sacrifices offerts aux ancêtres disparus.

Lors du décès du chef, le poteau autel reçoit des offrandes en son nom. Il se présente parfois sous la forme d'une grande statue féminine, sans bras.
Les poteaux de dignitaires

La porte d'accès à la cour officielle d'un chef moaga (samande), est encadrée par deux poteaux sculptés. Ces poteaux sont anthropomorphes. A droite de l'ouverture se trouve la figure féminine, à gauche la figure masculine. Une natte de vannerie sert de fermeture et coulisse entre le mur et les deux poteaux.

Le poteau fourchu
Le chef reçoit ses visiteurs sous un grand abri couvert de paille et situé au centre de la cour. Deux poteaux fourchus soutiennent cet abri, ils représentent deux femmes ou un couple. Ces poteaux sont des présents offerts par les dignitaires au chef dont il peuvent, en retour, espérer une épouse.

Ces sculptures incarnent les esprits qui veillent sur le lignage du chef et témoignent aussi à l'intention du visiteur de l'importance que l'on doit attribuer à la concession du chef.
 
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Biga
"Biga" signifie enfant en mooré. Communes aux Mossi et aux Kouroumba, elles sont l'oeuvre des forgerons. Il s'agit d'une statuaire féminine, en général de petite dimension et liée à la fécondité.
La décoration punctiforme reproduit le tatouage des jeunes filles et la déformation mammaire correspond à la technique du "peebo" qui consiste à allonger les seins de l'accouchée pour faciliter la montée de lait
La petite fille qui le reçoit de ses parents emporte, une fois mariée, le biga dans son foyer conjugal. Tantôt jouet, tantôt objet magico-religieux aux fonctions multiples, elles favorisent la fécondité, protègent le nouveau né et symbolisent l'acceptation de la maternité.
Lors de l'accouchement, le biga reçoit les premiers soins, avant même le nouveau né. Il reçoit de même la première goutte de lait.