STATUAIRES : bobo-bwa /gurunsi /kurumba
 
Statuaire Bobo-Bwa
Le terme Bobo englobe deux ethnies : les bobo-fing et les bwa. Ces peuples se distinguent par la langue et la religion.Les bobo fing parlent une langue mandé. Ils croient en un dieu créateur qui s'appelle WURO. Ce dieu n'est jamais représenté puisqu'il n'est pas défini. Après avoir créé le monde, WURO se retira en laissant aux humains ses trois fils : DWO, le masque ; SOXO, l'esprit de la nature sauvage et KWERE, symbole de la puissance vengeresse.

Dans chaque village des autels sont érigés en l'honneur des fils de WURO. Le forgeron, premier homme créé, occupe une place importante dans la société bobo car il est le prêtre du culte de DWO. Les esprits secondaires font aussi l'objet de cultes, en particuliers ceux des ancêtres.
Les autels dédiés au culte des WIAXE, génies liés aux mythes de la création des rivières, représentés sous formes humaines (avec cependant des anomalies anatomiques caractéristiques), sont trés souvent porteurs de statues.

Les Bwa parlent une langue voltaïque. Leur société est composée de trois castes : les paysans, les forgerons, les griots. Le forgeron est en contact avec la terre, il relie les humains aux forces surnaturelles.
Dans la mythologie Bwa, DIFINE, le dieu originel, créa le monde. Mais blessé par une femme qui pilait des grains de mil, il quitta le monde des humains en leurs laissant son fils DO.

La statuaire bobo témoigne d'une grande diversité de styles. Si la statuaire des bobo-fing tend vers une géométrisation des formes (tête schématisée, visage concave, coiffure crête...), la statuaire bwa se définit elle, par un style plus naturaliste. Selon Christopher Roy la scarification en "moustache de chat" aux coins des lèvres serait caractéristique de la statuaire des bobo-fing, encore qu'elle se retrouve chez d'autres ethnies ainsi que chez les bwa.

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La statuaire gurunsi

Le terme générique "gurunsi" englobent divers groupes ethniques des régions ouest et sud du plateau mossi : les nuna, les lela, les winiema, les nunuma, les kasena, les sisala.
Ils se revendiquent comme les premiers occupants de la région. Ils auraient quitté leur terre d'origine, au nord du Ghana, à la fin du XVème siècle. Les différentes tentatives des mossé pour soumettre les gurunsi sont restées vaines.

Si les gurunsi sont surtout réputés pour leurs masques animaliers, leur art de la statuaire est par contre mal connue. Cette statuaire est utilisée par les devins, ou bien placée sur un autel. Dans la religion gurunsi, l'être suprême se nomme Yi . Son autel se trouve au centre du village sous la forme d'un cône de terre sèche. Les pouvoirs magiques des gurunsi sont redoutés. Leurs voisins considèrent le pouvoir des statues et statuettes utilisées par les devins gourounsi comme très puissants. Elles représentent généralement les esprits rencontrés dans la brousse.
La grande statuaire, souvent présentée en couple, évoque les ancêtres et sert de support à des cultes et offrandes rituelles spécifiques.

En 1969, le Musée National de Ouagadougou a exposé quelques statues nuna lors du festival panafricain d'Alger. D'autres statues furent de même exposées en 1996 à Ouagadougou.


La statuaire kurumba

La pays Kurumba se trouve dans le centre-nord du Burkina Faso. La statuaire Kurumba se singularise par ses stèles funéraires qui sont caractéristiques de cette région .
En effet,
les tombes des chefs sont signalées et matérialisées par des stèles représentant le plus souvent des femmes et sculptées sous une forme trés stylisée.
Pour les kourouba, l'esprit du mort habite la stèle. Elle reçoit des sacrifices dont la fonction est de nourrir l'esprit du défunt.
La stèle doit aussi rehausser et immortaliser le prestige du chef défunt.  

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